Adieux du candidat Ghazwani au gouvernement : Première gaffe?

23/03/2019

                                    

                                                                                                                                                           

                                        Le Calame - Le candidat Ghazwani  a fait ses adieux au gouvernement, lors de la réunion hebdomadaire du Conseil des ministres, jeudi dernier. Le candidat favori à la prochaine présidentielle a avoué qu’il soutenait les initiatives réclamant le troisième mandat pour son alter ego, Mohamed  ould Abdel Aziz  qui, à en croire le désormais ex-ministre de la Défense,  n’en voulait pas.

Et d’ajouter qu’il avait été placé devant ses responsabilités pour continuer le travail entamé, voici quelque dix ans. Comme il le sait, mieux que quiconque, la question du troisième mandat a failli mettre la Mauritanie, sans dessus dessous, et tous les observateurs s’accordent à dire qu’il aura fallu l’intervention de l’armée pour pousser Ould Abdel Aziz à mettre fin à la prolifération des initiatives en faveur du troisième mandat.

On ne savait pas si Ghazwani avait soutenu l’une ou l’autre position et le cas échéant, laquelle. Pourquoi donc s’être déclaré, maintenant ? Rien ne semblait en effet l’obliger à lancer ce que les observateurs politiques considèrent comme sa première « bourde » ou « gaffe » de débutant.

Alors que tout le monde avait salué sa discrétion, lors de la levée des dites initiatives, le voilà à se compromettre dans une sortie, sinon intempestive, du moins vraiment pas urgente. Des rumeurs avaient certes laissé entendre qu’il avait été sollicité, par les députés pétitionnaires, pour influer sur leurs homologues de l’Est et l’actuel chef d’état-major actuel, mais de là à conclure qu’il les soutenait, il y a un grand pas que les observateurs jugeaient infranchissable.

On ne pouvait penser que le probable candidat soutenait une « violation de la Constitution » ni le soupçonner d’être un candidat par défaut, en ce qu’il bénéficiait, selon l’opinion quasi-unanime, du soutien de l’armée et de plusieurs chancelleries occidentales installées à Nouakchott, surtout préoccupées par des questions de sécurité au Sahel.

L’idée serait-elle de tenter de dissiper une certaine impression de flou, au sein la majorité, après une déclaration de candidature trop peu appuyée sur celle-ci ? Le 1er Mars, son discours novateur, pour ne pas dire de rupture et d’espoir de changement, semait en effet le trouble dans l’opinion.

Un malaise entretenu, dès le lendemain, par toute une série de fausses notes : le 2 Mars, tenue, la peur au ventre, d’un congrès, sans enjeu ni résultat probant, du principal parti de la majorité (UPR), qui aurait dû l’investir, en tant que candidat… mais qui s’en abstint, en l’absence d’Ould Abdel Aziz ; mise en place, dans la foulée, d’une commission de préparation d’un congrès-bis chargé d’élire ses nouvelles instances… après la présidentielle ;

déclaration malencontreuse d’Ould Adbel Aziz sur la candidature de son ami Ghazwani ; polémique autour d’une photo du Président décrochée de la salle où le candidat Ghazwani conférait, avec les membres de la commission de suivi du parti ; désamour désormais perceptible, entre Ould Abdel Aziz et ladite commission…

 Qui trop embrasse…

On sent comme une espèce de cafouillage, au sommet de l’Etat, et la sortie du gouvernement du candidat l’entretient plus qu’elle ne le contrarie. Les rumeurs, sur l'imminence de l'annonce de la candidature de l’ex-PM, Moulaye ould Mohamed Laghdaf, accentuées par sa rencontre avec Ould Abdel Aziz, à son retour de voyage et le rappel, au gouvernement, d’un autre ancien PM, Ould Hademine, ne sont pas de nature à dissiper les suspicions au sein d’une majorité apparemment scindée en deux camps.

Pour nombre d’observateurs, Ghazwani aurait dû se taire sur la cuisine interne, au sommet de l’Etat et/ou de la Grande Muette. Sa stratégie de ne déplaire à aucun cercle de la majorité, en particulier celui de son compagnon de quarante ans, ne risque-t-elle pas lui constituer une faiblesse que ses concurrents ne manqueraient pas d’exploiter ? Comme sa trop forte « proximité », pour ne pas dire « complicité », voire dépendance, vis-à-vis de son alter ego qu’il ambitionne de remplacer à la tête du pays ? Rassembler, embrasser, c’est fort compréhensible mais trop, c’est au final, toujours mal étreindre…

  DL via cridem

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