Kaédi: Méprisant et pathétique !

24/05/2019

                                 

                                                                                                                                                           

                                        RIM Sport - Il est de notoriété qu’à l’approche des échéances électorales, des politiciens en mal de légitimité, de notoriété et de popularité rivalisent d’imagination pour s’attirer les faveurs des populations qu’ils considèrent tout au plus comme du simple bétail électoral.

Les leaders politiques négro-africains de la Majorité ne dérogent évidemment pas à la règle, surtout à l’occasion de cette élection présidentielle, considérée par les observateurs comme «ouverte» et où la Vallée, longtemps meurtrie et abandonnée, est devenue subitement l’objet de toutes les attentions. Trois des six candidats n’ont même pas attendu le démarrage officiel de la campagne pour sillonner villes, villages et campements de cette zone.

Et la présence dans cette course de BiramDah Ould Abeid et de Kane Hamidou Baba, perturbe visiblement le sommeil de nos «vaillants» leaders, qui ne savent plus quelle nouveau stratagème utiliser pour trouver une porte d’entrée à ce qu’ils ont toujours abusivement présenté comme leur «fief».

Le 1er avec son discours «radical» séduit les jeunes frustrés par plusieurs années de mépris et d’humiliation non seulement de la part de l’Etat, mais surtout de la part de ceux qui parlent en leur nom, se font passer pour leurs représentants et qui, en fin de compte, ne sont là que pour eux-mêmes et pour leurs familles. Et encore ! Le second, quoi qu’en disent ses détracteurs, bénéficiera d’un vote d’adhésion considérable risquant de renverser totalement la tendance dans la Vallée.

D’autant plus que pour la première fois, tous les mouvements (partis politiques comme association) d’obédience négro-africaine, ont pu mettre de côté – tant bien que mal – leur légendaire propension à se disperser pour s’aligner derrière sa candidature. Une dynamique unitaire qui a fortement séduit dans la Vallée.

 Panique à bord

Il n’en fallait pas plus pour qu’une panique générale gagne les rangs de ceux qui se sont autoproclamés «représentants de la communauté» au sein de la Majorité. Des «représentants» qui, depuis de décennies, de pères en fils – ou filles – de génération en génération, ont toujours été là, du côté du pouvoir, sans que cela n’ait le moindre impact positif sur la «communauté» dans son ensemble.

On en veut pour preuve la plateforme remise au candidat Ould Ghazouani. Des «revendications» qui,certes sont pertinentes, mais sont les mêmes depuis le Congrès d’Aleg en …..1958 ! Si leur compagnonnage avec les différents régimes avait servi à quelque chose pour la «communauté» on n’en serait pas là aujourd’hui.

Comme première réponse «symbolique» à ces «revendications», le candidat de la Majorité, met les négro-africains en première ligne dans sa campagne (Directeur de campagne, commissions…)… Toujours les mêmes où leurs descendants …Parallèlement, dans une énième tentative désespérée deberner les populations, on distribuedepuis quelques semaines des «miettes» (Directeurs adjoints par ci, chargés de mission par là) à des opportunistes ambitieux et incapables.

  «Le dîner se mange la nuit, mais on doit y songer dès le lever du jour» (Proverbe peul) 

Et, le comble du ridicule est atteint lorsqu’on se rend compte subitement qu’il existe une jeunesse qui a besoin d’être soutenue. Alors, madame la Ministre de la Jeunesse et des Sports Djinda Ball décide qu’il faut vite distribuer des maillots et de l’argent ! Pourtant la ville de Kaédi dispose depuis des années d’une équipe de football qui évolue en 1ère division … et une autre qui vient de disputer le tournoi play off pour la montée en première division, malheureusement sans succès.

Dans l’un ou l’autre cas, aucun de ceux qui se sont transformés par enchantement en «sauveur» de la jeunesse, n’est jamais venu assister au moindre de leurs matchs à Nouakchott, encore moins n’a contribué ne serait-ce qu’une seule fois – malgré les multiples sollicitations dont ils ont fait l’objet - aux nombreuses charges que suppose la participation d’une équipe au championnat national de 1ère division en termes de transport, d’hébergement, de restauration…

Donc attendre à quelques jours du démarrage de la campagne électorale pour trimballer une somme d’argentet quelques malheureux maillots acquis à la friperie du coin, en espérant qu’on va acheter la jeunesse de Kaédi avec ça, est non seulement méprisant, mais surtout pathétique. Ca dénote de l’état de décrépitude morale et psychiqueavancée dans lequel se trouvent ces gens-là.

Mais au-delà de tout ça, pourquoi devrons-nous faire confiance à Ghazouani ? Aziz avait pourtant promis pareil et commencé pareil. Il avait même organisé une «prière» à Kaédi pour «apaiser les esprits». On connait la suite : Quelques années après, l’exclusion de la composante négro-africaine n’a jamais été aussi criante, aussi délibérée et aussi assumée.

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