La Mauritanie : Noces blanches et mariages contre nature

14/06/2019

 Dans le contexte électoral actuel, cinq choix évidents s’offrent aux Mauritaniens Noirs du sud, toutes tendances confondues. Si pour un profane, la logique de ce choix est évidente, elle ne l’est pas autant que ça, aux lectures qu’on peut faire selon les jeux d’alliance, de soutien ou de connivences entres candidats, partis et personnalités politiques eu égard à leur parcours, idéaux, discours et représentations. Ce choix sera déterminant pour l’avenir du pays et marquera une page nouvelle de son évolution. Dans un sens ou dans l’autre. LE CHOIX DE CŒUR LE CHOIX DU COURTISAN LE CHOIX DE L’IDEAL PERDU LE CHOIX DE DUPES  LE CHOIX DE RAISON LE CHOIX DU CŒUR  Autour de KANE, s’agglomèrent des partis, mouvements et personnalités politiques Négroafricains pour représenter leur composante et manifester leur unité à travers une coalition, élargie certes, mais monocolore.  « Vivre ensemble » !  Eh oui ! Pour vivre ensemble il faut d’abord expérimenter le concept entre soi.  Il s’agit de donner l’exemple aux Arabes et aux Hratines et démontrer que si les Noirs du Sud arrivent à taire leurs divergences pour accepter de vivre ensemble, toutes les composantes du pays peuvent y croire et enfin s’y engager.     Faut-il  le comprendre ainsi ? Ou est-ce autre chose de plus complexe ? Hormis le fait de soutenir un candidat unique issu de la coalition, quelles autres lectures peut-on faire de cette démarche singulière ? La situation des Négro-africains à elle seule, peut-elle mobiliser tout l’électorat Noir du Sud autour de leurs revendications historiques ?  
Peut-on y trouver une cause nationale pouvant justifier une adhésion massive des électeurs? Ou par défaut, une cause suffisante pour une mobilisation régionale qui conférera à cette élection un caractère référendaire ? Peut-on élire en ce candidat un président chargé de porter uniquement la cause et les revendications des Noirs du Sud au détriment de celles de tous les Mauritaniens, y compris les Hratines ? Est-ce que l’électorat Noir peut à lui seul porter au pouvoir un des siens ? Si oui, vers quels schémas politiques ? Ou s’agit-il de déterminer leur poids électoral ? Si on considère que l’avenir de la Mauritanie est une équation à plusieurs inconnues, partir de cette entente comme postulat n’est pas fiable pour aboutir à une solution et la résoudre. Dans la mesure où beaucoup de paramètres et de sources de conflits, relèvent de la gestion partisane de l’Etat et sont assujettis à des enjeux autres qu’électoraux, partir de l’argument selon lequel il s’agit de déterminer le poids électoral des Négro-africains de l’opposition, peut se révéler à double tranchant. Un échec électoral peut engendrer des conséquences désastreuses pour cette communauté. La situation des Noirs en Mauritanie exige de nous, certes, une prise de risques considérables ou positions radicales pour notre survie ; mais ne peuvent-elles pas rester calculées ? Aujourd’hui, tout tourne autour du résultat d’une telle coalition. En cas d’échec électoral, cela servira à mauvais escient aux arabes et au pouvoir, d’argument pour minimiser l’influence de cette force et mettre en cause la représentativité d’une opposition Noire ; qui se trouvera à court d’arguments pour avoir jugé ces élections assez fiables pour y participer et espérer gagner avec une telle coalition. A leur issue, la place des négro-africains sur l’échiquier risque d’être encore (légitimement) moins enviable. Fruit d’un consensus après de courtes négociations, cette initiative est très louable, par ce qu’elle apporte comme esprit au sein de Négro-africains. D’autant plus qu’on doit apprécier les efforts considérables consentis par certains comme BALAS qui hier encore défendait mordicus un rapprochement avec AZIZ et voulait à tout prix récolter son champ, après durs labeurs (Baann nguessa kam soogni). Prions pour que baado nguessa wada hayso niayko et que toutes ces paroles ne soient pas que du niayka. Ceux de Samba aussi sont surhumains !
Consentir enfin à reconnaitre à un autre Négro-africain que lui-même, la légitimité de revendiquer la cause Négro-africaine et de les représenter à une échéance électorale déterminante pour le devenir de sa communauté. Quand on sait qu’on enFLAMme plus les foules, il faut savoir prendre du recul. C’est peut-être le signe d’un (improbable ?) renouvellement de la classe politique Noire ; totalement coupée de sa jeunesse, dont les aspirations sont différentes des préoccupations de leurs ainés. Saluons au passage la prouesse de M. KANE qui est arrivé à réconcilier (concilier ?) des Négroafricains et leur ancien geôlier, en l’occurrence l’ancien colonel de la garde, Oumar Ould Boibacar. L’as du repentir ! Et les réunir au sein d’une coalition. Il est donc primordial pour cette coalition de nouer des alliances avec des partis d’obédience Arabe et des personnalités Arabes pour élargir la coalition, afin de concrétiser « le vivre ensemble. » Faisons lui confiance pour faire le plus dur ; réconcilier les Noirs avec eux-mêmes. Aussi, de tout cœur avec toi je suis ! Car, Négro-africain je suis !

Le choix du courtisan Au tour de l’héritier, s’agglutinent des vautours, des chacals et des brebis. Encadrés par de vieux loups, survivants de toutes les époques de l’évolution de la Mauritanie. Son parcours menant à la fontaine, est pavé de corps, dans un ‘’Etat’’ putréfié ; recouvert de promesses grasses, en prélude des noces annoncées. Mais la fontaine n’étanchera pas leur soif (de pouvoir) jamais assouvie. Ils mènent le troupeau vers le ravin en restant sur leur faim. Car aux noces du Roi, les courtisans se contentent de restes froids. Le sacre de GHAZOUANI est comme le dernier repas du Christ. L’entourant dès l’aube, ses apôtres, dont Negrus et Bocarias, lui prêtent allégeance et serment à tout bout de ‘chant’. Avant celui du coq qui annoncera le crépuscule d’un règne. A la cour du roi, quand souffle le vent du changement, ces Ne-gros déclenchent des tempêtes et campagnes, pour mener la vie dure à tous ces usurpateurs malfamés qui convoitent leurs parts déjà si maigres de chacals affamés. Hélas… ce pays semble ne plus être voué à rester une carcasse de chair dans laquelle d’aucun prend sa part et part se refaire une vie aux Canaries ou au Qatar.
De réunions en concerts, ils se concertent chez l’un ou l’autre, pour pestiférer toute brebis qui aspire au rang de loup. Brisant ainsi toutes ces idées (de) Noires qui les affectent avec leurs velléités rebelles manifestes. Dans ses schémas sociopolitiques du Territoire, le pouvoir sait que ses valets sont son meilleur rempart contre toute velléité de rébellion. Pour s’affirmer ou afficher des ambitions nationales, il faut d’abord leur passer sur le corps et bouleverser l’ordre social par lequel ils revendiquent une légitimité féodale dans des fiefs érigés en forteresses. Faisons leur confiance encore une ultime fois. Ils ont trahi le Christ (Maawiya) pour sauvegarder leurs privilèges, ils trahiront Mohamed (Ould Ghazouani) pour les mêmes raisons. Elle est belle cette cour. Elle est le reflet de la Mauritanie plurielle. Toutes les composantes sont visibles pour mieux rendre les règles illisibles, même aux yeux de ces observateurs qui scrutent l’invisible. Leurs becs sont cloués au fer et bâillonnés par du poisson avant la perfusion au pétrole. ‘’En bons citoyens …allez voter !… même les non-inscrits et non recensés sont conviés. Promesse (de judas) est faite à tous, soumis ou victimes inconsidérées, qu’a l’issue victorieuse du scrutin, vous recouvrerez vos droits aliénables.’’ Aziz n’est pas dupe. Il sait que l’échec de Ghazouani signe son parchemin pour le chemin de croix ou l’exil. Comme n’est pas Macky ou Sissi qui veut ; le risque est grand qu’il soit fait recours, au second tour qui se dessine, à l’achat de candidats aspirants au titre de noblesse courtisane. Par un jeu d’alliances, de promotions et de chaises, de nouveaux convives à la cour du roi sont désignés pour que perdure le système. Certes, il faut dégraisser un peu plus les parts de certains courtisans qui, comme Boidiel ou Yeroyel doivent commencer la cure d’amaigrissement. Une entente de l’opposition est impossible, parce que chacun veut rester accessible et ainsi être éligible, avec des avantages à la mesure de son poids. Plus il sera gros, plus sa part sera adipeuse. L’électorat Noir de Ghazouani ne comptera donc pas de partisans inconditionnels, mais de courtisans intéressés, soumis et victimes inféodées à un système sociopolitique érigé en mode d’administration. Grand partisan des présidents Aziz, Taya et même Daddah je suis. Derrière Ghazouani (jusqu’ au suivant) je serai.

Le choix de l’idéal perdu Incontestable témoin privilégié des bouleversements et évolutions sociopolitiques de la Mauritanie depuis cinq décennies, Ould Maouloud était là quand la jeunesse du pays en ébranla les fondations sous la houlette de Soumeida, dans le sillage de mai 68. Il était aussi présent au festival national de la jeunesse d’Aleg de 1974 où il vit son mouvement (les Kadihines) se fondre dans le PPM d’Ould Daddah. Beaucoup d’encre et de larmes avaient coulés entre ces deux événements issus d’un processus au cours duquel le président est passé de néocolonialiste panarabe à nationaliste gauchisant. Tout en s’attachant l’amitié de progressistes Africains ou d’ailleurs comme Julius NYERERE, Sékou TOURE, Marian NGOUABI et Nicolaï CEAUSESCU pour donner le change, il s’oriente vers le monde Arabe en accentuant l’ arabisation du pays avec la bénédiction des Kadihines et se fait, enfin, accepter dans la ligue Arabe. En citant Kim il SUNG dans ses discours, vêtu de chemises à col Mao, il embarque la jeunesse (embarrassée quand même par la position de Boumediene) dans sa guerre du SAHARA, après avoir nationalisé la MIFERMA et créé une monnaie nationale. Le deal (ou idylle) prend fin avec le coup d’état militaire de 1978. Après une traversée du désert, Ould Haidalla les récupère et en fait sa tête pensante pour mettre en place des réformes ‘’gauche’’ concernant le foncier, l’abolition de l’esclavage, l’application de la charia et une économie contrôlée. Les structures d’éducation des masses, c’est aussi eux ! Ces réformes sont les pires que connut la Mauritanie depuis son indépendance et certaines furent très contestées chez les Négro-africains. Elles sont encore appliquées aujourd’hui et constituent des facteurs de conflits et de divergences entre les différentes composantes du pays. La situation, qui en découla, contribua à l’arrivée de Taya au pouvoir en 1984 avec un large soutien des cadres négro-mauritaniens de l’armée et des baasistes. Ould Maouloud qui avait gravi les marches du MND (Mouvement National Démocratique) est témoin (indulgent ?) des purges (entre 86 et 87), massacres et déportations de Noirs (entre 89 et 91). Depuis la France où il vivait son exil, Ould Maaloud prend le maquis avec son FRUIDEM. Il affine son langage de bois et se déleste de certains idéaux pour marcher sur des œufs. Il apprend aussi à faire l’autruche quand des tempêtes se déclenchent. Ainsi, ménager sa monture pour continuer la marche devient sa tactique et le contrôle de l’appareil de son cher UFP créé en 1992, une priorité sur tout.
A force de tourner autour du champ (politique), il a perdu sa gauche idéologique et le sens de son combat pour une société idéale. Pas question de monter en première ligne livrer bataille pour des causes sectaires ou partisanes ! Quand quelques uns parmi ses lieutenants Noirs, désabusés mais encore pugnaces, montent au front pour tenir la ligne, le rappel à l’ordre est vite sonné et la bride tirée pour que la marche vers le changement soit encore plus longue. Maintenant qu’aux yeux de tous, Ould Maouloud a perdu le Nord, le plus dur pour lui n’est pas de reprendre la marche, mais de trouver quelques fraternels camarades avec qui cheminer, autant chez les Arabes que parmi les Noirs du Sud. Aussi, pour Ould Maouloud la question n’est pas de savoir ce qu’il a à offrir pour convaincre un électorat Négro-africain ; mais de savoir ce qu’il a manqué ( ?) ou lui a manqué (courage politique ou honnêteté intellectuelle ?), malgré sa présence constante sur le champ de bataille et son long parcours vers le massacre de sa troupe. Autrement dit, il fut de toutes les guerres sans livrer un seul vrai combat. Finalement, aux yeux des Noirs du sud, Ould Maouloud symbolise aujourd’hui l’immobilisme d’une classe intellectuelle dont la désapprobation muette devant de nombreuses injustices sociales, leur fut préjudiciable. Pour ne pas dire complice. Démocrate et progressiste depuis toujours je suis. Ould Maouloud, malgré tout, je voterai.

Le choix de dupes Pur produit du système d’Ould Taya auprès de qui il a gravi toutes les marches entre la trésorerie de Nouadhibou en 1983 et la primature où il fut nommé en 1992. C’est l’homme des dossiers difficiles qui constituaient des épines dans le pied de Taya : Droits de l’homme, négociations avec les institutions financières, suite à l’embargo consécutif à sa position en faveur de Saddam et le conflit Sénégalo-mauritanien. C’est aussi lui qui a façonné le PRDS en y imprimant son empreinte pour l’avoir dirigé pendant sept ans. Il fut incontournable après le putsch qui envoya son mentor en exil, au point d’être nommé par la junte, premier ministre en 2005 pour assurer la transition vers de nouvelles institutions qui menèrent Sidi au pouvoir après des élections auxquelles il ne pouvait pas, constitutionnellement, se présenter.
Ould Boubacar ronge son frein depuis lors. Il a gelé ses ambitions présidentielles parce qu’Aziz a laminé le PRDS et gêné le processus démocratique sur lesquels il pouvait s’appuyer légitimement pour se présenter. L’homme providentiel de Taya est de retour. Comme pour jouer un tour de passe-passe, il s’appui sur le parti islamiste (TAWASSSOUL) afin de bénéficier du maillage de la deuxième force électorale du pays. Le plus dur pour lui n’est pas de retrouver ses sbires issus de son ancien parti (disséminés dans différents partis de la mouvance présidentielle). Mais de trouver une convergence autour de lui pour coaliser des sensibilités diverses. Rien de plus facile : « Sauvons la Mauritanie du péril Noir ». Parions gros sur le ralliement de tout ceux, parmi eux, vivent une période de vaches maigres, de disgrâce ou sont nostalgiques des années fastes du ‘’koulou wa achrabou hanii-an’’ de Taya. Aujourd’hui les islamistes murmurent à son oreille : « De toi, un autre Mouhamed Morsi on fera. Des institutions, occidentaux et finances tu t’occuperas. Des mécréants, dissidents et désobéissants on s’occupera. Par l’islam, le vrai, toutes vos vies on régira. Plus aucune couleur de peau ne comptera. De l’étendard national, on bannira ce rouge sang qui souille sa pureté verte. Plus aucune injustice liée à la terre, au recensement ou à la nationalité ne se fera. Car le registre de l’imam de DIEU fera foi. L’égalité de tous devant DIEU ici bas on assurera. Pour jouir de belles récompenses dans l’au-delà». Ould Boubacar a entretenu une meute de loups et de chacals jadis dans sa cour de prince. Aujourd’hui, il veut trouver une voix dans la foi pour les mener aux lieux saints. Pour en convaincre les gardiens, il joue comme Merlin un air enchanteur, qui transforme les premiers en anges et les seconds en derviches, tournant tous autour de lui pour une danse qu’il compte bien mener seul, au bout du compte. Cela en fait le candidat le plus redoutable face à Ghazouani.
Dupe de la première ère (démocratique) je suis. Aussi, Ould Boubacar le ‘’prodige’’ je voterai.

Le choix de raison Son cas est édifiant quand à l’esprit conservateur qui règne encore au sein de la société Mauritanienne dans son ensemble et au sein même de l’élite intellectuelle en particulier. Beaucoup parmi eux, ne voient en lui que le pigeon qui veut voler plus haut, que ne lui permettent ses ailes. Mais Ould Abeid, le pigeon, est devenu un faucon qui fend les airs et parcourt de grands espaces pour chasser du vautour et démasquer des prédateurs tapis dans les hautes sphères de la société et œuvrant en coulisse pour perpétuer le système. Son discours est sans ambages et ses actions en faveur des causes justes sont retentissantes et téméraires. Il ne redoute pas les empoignades et invectives lors de marches qui le mènent tantôt en prison tantôt à l’hôpital. Pour des causes que des leaders Noirs estiment ne pas être siennes. Et le plus frappant est qu’on en retrouve autant chez les Hratines. « Qu’il s’abstienne donc de défendre toutes les causes justes ; pour se contenter juste de sa cause. » « Pourquoi ne fait-il pas comme Messoud, Boidiel, Sghair, Haimer ou Mint Amar et marcher sur leurs pas ? » « Il aurait même pu aspirer à une femme Arabe, peule ou wolof et changer de classe sociale » Et l’on s’étonne qu’aucun Arabe n’élève la voix auprès des siens et dans les médias pour protester contre les injustices que subissent des citoyens issus d’autres composantes et en fasse son combat ? La vieille garde Noire, aussi bien Hratines que Négro-africaine ne s’identifie pas à lui parce qu’il bouscule des habitudes et lèse des intérêts clientélistes. Et pourtant Birame dénonce des pratiques esclavagistes hors la loi et hors du temps et désapprouve les discriminations raciales de concitoyens de toutes composantes. Il demande réparation des tors faits aux uns et aux autres conformément au droit international et à la charte des droits de l’homme signé et ratifiés par la Mauritanie.
Abeid est un citoyen Mauritanien issu des Hratines. Longtemps opprimés et employés à de viles tâches, sans jamais bénéficier du soutien des Négro-africains pour sortir de cette condition. Comme pour dire (on l’a souvent entendu) que c’est une pratique sociale légitime (conforme à l’islam) qui ne relève pas que, de la volonté des Maures, mais aussi de l’attitude soumise des Hratines qui ne se plaignent pas de leur sort. Certainement pour ne pas avoir à balayer devant leur porte. Les conditions d’existence des Hratines n’ont jamais été jugées préoccupantes par leurs concitoyens Négro-africains pour être prise en considération dans leurs revendications sociopolitiques entamées en 1966 avec le mouvement des 19 et axées sur l’orientation politique (arabisation, diplomatie, éducation) le partage du pouvoir, des terres de la vallée et des richesses du pays. Intégrer les Hratines réduirai implicitement les places et les parts de chacun. Aussi, une sorte d’entente tacite prévaut pour les laisser à leur sors. En réalité, une barrière invisible a longtemps gêné un rapprochement entre Noirs (Hratines et négro-africains) et interdit toute mixité sociale (cohabitation, mariages). Seule la composante Wolof fait exception à la règle et a subi un brassage culturel et ethnique au Trarza. Processus lié à des faits historiques dans le Waalo barack. Alors que le phénomène de mixité est très répandu entre Arabes et Hratines, malgré la persistance de pratiques esclavagistes et discriminantes. Aujourd’hui, une jeunesse Noire (et Arabo-haratine ?) plus férue de justice sociale et victime elle aussi de pratiques sociétales jugées trop conservatrices dont elle veut se défaire, est plus réceptive au discours de Abeid et constitue son électorat de base. Cela gène des deux côtés de la fracture au point de reléguer au second plan, des priorités et des intérêts communs ou nationaux. Seuls à même de garantir une cohésion sociale et mener par consensus au ‘’ vivre ensemble’’. Parmi les candidats à l’élection présidentielle, Birame est le seul à être soumis à deux contraintes pour convaincre son électorat : Élaborer un discours politique rassurant et conciliateur pour les uns afin de gagner leur confiance ; tout en maintenant une forte pression. Rester sur une ligne dure dans ses revendications et exigences pour une justice sociale et émancipation politique, afin de gagner le cœur des autres. Tout en étant juste et respectueux du droit. Ce jeu d’équilibre exclu tout rapprochement affectif avec un bord comme avec l’autre ; qui risque d’être considéré à tors ou à raison comme partisan et aliéner une partie de son électorat. Mauritanien lambda et raisonnable je suis. Voter Abeid m’inspire.



En définitive, les Mauritaniens ont besoin de changement mais en redoutent les conséquences et le processus qui peut y mener. Tout le monde est convaincu qu’il est incontournable compte tenu des nouveaux rapports de forces. Mais cela ne peut se faire sans renouvellement de la classe politique. La vielle garde se croit toujours investie d’une mission vitale pour le pays, alors qu’elle ne l’est plus que pour elle même et pousse au repli sur soi et à la méfiance. La nouvelle génération quant à elle, est plus ouverte sur le monde et est plus consciente de la valeur d’une ressource humaine pour accéder au développement et s’ouvrir à la mondialisation qui tisse sa toile jusque dans les coins les plus reculés du désert Mauritanien. A bon entendeur, choisit !

Alhouseynou Dia dit Bouyé Dia

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