Mauritanie: Les candidats se prononcent fortement avant le dialogue

23/07/2019


                                                                                                                                                           

                                       Senalioune - Les Quatre candidats perdants lors de la dernière élection présidentielle ont publié une déclaration très ferme dans laquelle ils inculquaient les autorités actuelles de toutes les conséquences qui en avaient résulté, notamment des critiques du président sortant Mohamed Ould Abdel Aziz.

La déclaration commune se lit comme suit:

À la veille de la fin de son dernier mandat, le président de la République, Mohamed Ould Abdel Aziz, poursuit sa quête pour réaffirmer son intention déclarée de ne pas hésiter, malgré l’expiration de son mandat, à diriger les affaires publiques de ce pays.

Toutes les décisions qu’il a prises depuis son dernier coup d’état électoral visaient à récompenser son entourage et à faire obstacle à la normalisation de la vie politique, administrative, économique et sociale, qui a été clôturée par:

-La multiplication des missions d’emploi dans les fonctions stratégiques, telles que certaines ambassades

-Un budget supplémentaire de 17 milliards d’ouguiyas extraites du Parlement, qui a été converti en une salle d’enregistrement permettant d’effectuer des transactions lucratives et suspectes dans le domaine des barrages routiers au profit de certains hommes d’affaires.

-La répartition des terres et autres privilèges sur la base de la fidélité multiple et des profits excessifs

-Crack d’une répression brutale dirigée contre certains citoyens pour semer la terreur, empoisonner le climat politique sur la base du racisme et semer la discorde entre citoyens afin de détourner l’attention du coup d’État électoral.

-Réactiver des mesures de suivi injustes à l’encontre de certains citoyens pour des raisons purement politiques devant l’Interpol (International Police), en dépit de la déception des tentatives précédentes d’exploitation de cet organisme international

-Tentative d’implication des pays frères dans la crise électorale actuelle

-Tenter de détourner l’attention des médias en fabriquant des innovations pour des projets fictifs afin de faire la lumière sur les crimes commis par le régime dans le passé et le présent.

Malgré cette détérioration, l’opposition démocratique, représentée par les quatre candidats ci-dessous, a continué à réclamer rationalité et dialogue afin de créer un climat propice à la paix sociale, à une solution à la crise électorale et à une véritable normalisation de la vie politique dans le pays. À cette fin, il est nécessaire de prendre les mesures immédiates suivantes pour ouvrir la voie au dialogue:

- libération de toutes les personnes arrêtées en lien avec la crise électorale créée par le régime; La cessation immédiate et définitive de toutes les poursuites inéquitables intentées contre des personnes faisant l’objet de procédures judiciaires arbitraires, notamment: Mohamed Ould Bouamatou, l’Imam El Shafei, Mohamed Ould Dabbagh et Farfoura Mint Baba;

- Nous appelons l’ensemble de notre peuple, ainsi que tous les patriotes et démocrates du pays, à renforcer notre unité nationale et à contrecarrer les tentatives du président en exercice de maintenir son autorité personnelle derrière le rideau et de créer un environnement propice à l’instabilité et à la normalisation de la vie démocratique.

Candidats aux élections présidentielles du 22 juin 2019,

Sidi Mohamed ould Bubacar, Kane Hamidou Baba, Biram Dah Abeid, Mohamed Ould Mouloud

Nouakchott le 22 juillet 2019

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