Mauritanie: Les échecs et réussites du président sortant

28/07/2019


                                                                                                                                                           

                                       Marega Baba - Le système milatoro-affairiste qui s'est incrusté  depuis plus de quarante ans dans la vie politique de notre pays, par la force et à coup de putschs répétitifs, continue de sévir malgré son rejet par la quasi-totalité des mauritaniens.

Particulièrement cette dernière décennie, ce système, piloté par Mohamed Ould Abdel Aziz -notre très prochain ex-président- a été le moins que l'on puisse dire très agressif voire violent politiquement.

Et cette décennie est marquée surtout par sa volonté d'écraser ou de faire disparaître à jamais tout ceux qui pourraient être perçus par lui, au plan politique, social ou économique comme un obstacle à sa volonté de mettre le pays sous sa coupe, donc d'en faire ce qu'il voulait, et en particulier faire de son économie une propriété privée – sur ce point un nombre important d'hommes d'affaires auraient été éprouvés durement.

Dès le départ Ould Abdel Aziz a compris – quoique qu'on dise de lui -, que l'une de ses premières tâches c'est de se débarrasser de ce qu'il qualifie de « veille classe politique » - probablement en se considérant curieusement lui même, ses soutiens et ses sbires , comme étant de la « nouvelle classe politique !

Puisque c'est cette classe politique qui s'est opposée, comme disait feu Ely Ould Mohamed Vall « Yarhamahou » à sa rébellion contre les institutions, et a donc combattu radicalement ce deuxième coup d'état contre le Président Sidi Ould Cheikh Abdallah président démocratiquement élu, jusqu'à obtenir son échec, tout prend son sens.

Notre président sortant n'a donc jamais pardonné à cette classe politique cet affront que lui a infligé celle-ci - d'autant plus, qu'il s'agit d'une première dans notre pays et même dans la sous la région, surtout pour quelqu'un qui "n' échoue jamais".

Cet échec qui a finalement ramené le Président Sidi aux affaires- même provisoirement-, suivi de sa démission et l'organisation de nouvelles élections.

Donc désormais il semblerait avoir juré d'en découdre avec cette classe politique, y compris de la faire disparaître de la scène politique.

Rappelons que le premier à s'être opposé et à avoir dénoncé ce nouveau coup d'état du général Mohamed Ould Abdel Aziz en 2008 fut Dr Mohamed O Maouloud président de l'UFP . Sans rien enlever aux mérites des autres leaders politiques, il était le seul, parmi les dirigeants politique, de manière officielle à condamner fermement le coup d'état dès le matin même de celui-ci, aussi bien dans la presse local qu'internationale, suivi d'une déclaration de dénonciation de son parti. Ainsi fut rude la lutte menée sur tous les fronts national et international.

C'est ainsi également, presque qu'une année durant, le président du RFD Ahmed Ould Daddah et le président de UFP Mohamed Ould Maouloud l'un à la tête de son parti et l'autre un des dirigeants de la coalition de l'opposition FNDD - et à la tête de celui-ci au moment des négociations- ont organisé de multiples formes de luttes qui ont finalement abouti à l'échec total du coup d'état et l'instauration du dialogue parrainé par la communauté internationale et avec des accords signés à Nouakchott appelé « des accords de Dakar ».

Rappelons également que depuis cette date, notre président sortant, et ses services de renseignements n'ont ménagé aucun pour chercher à nuire à l'ufp et faire la « peau » de son président.

Ainsi, s'explique que de temps en temps un groupuscule surgisse du néant pour se proclamer « dissidents de l'UFP » au cours de conférences de presse- apparemment L'UFP semble bien se vendre auprès Ould Abdel Aziz,- et ces manipulés du système seront reçus à la présidence de la république en grande pompe en présence des médias.

Autres curiosités, « des hasards » répétitifs : à la veuille de chaque échéance politique importante, et cela depuis au moins cinq ans, au moments où le parti doit mobiliser toutes ses forces et montrer sa cohésion, que l'on fait surgir miraculeusement des « divergences sur la ligne du parti ou debilans» sans personne ne sait de « quelles lignes il s'agit»?

S'agissant « de bilans » qui, à chaque débattu et des résolutions adoptée à la majorité, sont systématiquement refusées pour ceux-là même qui les reclapaient avec instance ! ne engage les demandeurs parce adoptée par « une majorité automatique » - bizarre non ?

De plus en plus et au fil du temps il apparaît très clairement que tout cela ressemble plus à une forme de diversion qui cherche à nuire au parti et à son image. Pour quelles raisons ? Allahou Aalam ; probablement eux aussi. Deux exemples précis et récents illustrent bien cette situation : Le premier s'était produit environ à deux mois des élections législatives, municipales et régionales 2018.

Suite une controverse sur la laïcité, un concept étranger à la Mauritanie et dont le pays concepteur même ne l'a pratiquement jamais l'appliqué sur l'ensemble de son territoire. L'occasion était rêvée pour les fameux défenseurs de « d'une ligne imaginaire » de tenter embourber le parti dans des débats futiles et inutiles qui avaient paralysé toutes les autres activés jusqu'à peine deux semaines des élections. Ce qui avait contraint l'ufp à ne pouvoir s'engager dans cette bataille qu'avec beaucoup de retards et de handicaps.

Le deuxième exemple est une action en deux temps. Il s'est produit très récemment juste avant les élections présidentielles et juste après.

Rappelons que le FNDU présidé par le président Mohamed Ould Maouloud avait engagé environ huit mois avant les échéances des élections présidentielles la procédure d'une candidature unique au sein de l'opposition. Des efforts importants ont été déployés notamment par son président pour trouver un consensus, mais en vain. Donc faute d'un consensus pour un candidat unique de l'opposition, alors toutes les instances du parti à la quasi-unanimité – pas une seule voie opposante- ont décidé la candidature de son président malgré les quelques réserves de ce dernier d'ailleurs !.

C'est à nouveau à ce moment précis du décollage de la campagne qu'un tire « ami (e » de - l'honorable Kardiata Malik Diallo pour ne pas la nommée-vient créer la diversion. Pire encore, plus tard après la proclamation des résultats, et au moment même où l'ensemble de l'opposition unie pour dénoncé le hold-up électoral, un deuxième tire, encore ami(e) arrive, contre l'opposition dans son ensemble et surtout contre l'UFP et son président teinté de contre-vérités, suivi d'une tentative visant à valider les résultats proclamés par le conseil constitutionnel.

Ici j'ai envie de paraphrasé l'autre : si on milite dans un parti, on accepte et applique les décisions prises par structures décisionnaires ou on démissionne. Je n'arrive pas à comprendre comment quasiment depuis cinq ans on estime que le parti est sur une ligne déviance et on reste malgré tout dans ce parti pour chercher nuire à ce dernier. C'est un jeu très flou et c'est le moins que l'on puisse dire.

En conclusion : c'est dire que rien n'a été épargné pour mettre en difficulté l'UFP pendant ces dix dernières années du règne de Mohamed Ould Abdel Aziz mais en vain.

Une certitude le prochain ex-président quittera le pouvoir insallah, avec toujours l'ufp deuxième parti de l'opposition en Mauritanie, ce malgré la dernière tentative vaine de l'attribution d'un score qui ne correspond en rien à son résultat réel, dans le seul but de nuire et l'humilier.

Ces élections présidentielles avec les deux farouches opposants coalisés (UFP -RFD) étaient donc une occasion rêvée pour les frapper durement, mais une fois de plus c'est peine perdue. Donc l'échec est sans appel du président sortant pour d'étouffer "la vieille classe politique".

Par contre les réussites du système militaro-affairiste, et particulièrement ces dix dernières sont incontestables :

– Il a certainement réussi à diviser plus que jamais le peuple mauritanien par sa politique discriminatoire voire raciste : il a «tribalisé», ethnicisé et communautarisé la vie politique. ;

– Il a réussi à appauvrir le pays par sa politique de gabegie et de dilapidation de nos ressources nationales, et a réussi à asphyxié le pays par une dette extérieur s'approchant les 100%

– Il a réussi à élargir la pauvreté à la classe moyenne jusqu'à là épargnée ;

Il a réussi à mettre l'éducation nationale à terre les résultats du bac 2019 sont illustratifs, à peine 7%; à détruire les écoles et à construire à leur place des boutiques.

Les hôpitaux sont devenus des mouroirs.

Marega Baba/France

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