Carnet de voyage : Focus sur un diplomate exemplaire M. WAGUE Aliou, diplomate et humaniste

21/08/2019

    Sidi Ahmed Ould Jaafar - La diplomatie, cette institution dont la pratique met en œuvre la politique d'affaires étrangères, est l’une des plus anciennes marques de civilisation. Ses processus, ses détours et ses résultats conduisent à s’interroger sur sa nature et sur son sens.

Il s’agit de retrouver ses fondements et ses objectifs au-delà des mythes et des mystifications, des préjugés et des opinions, de découvrir ses fonctions dans les relations bilatérales et les enceintes multilatérales : l’information discrète, la négociation permanente, la dynamique de la représentation, la logique de la réciprocité et l’exigence de la reconnaissance.

Cette réflexion originale sur l’esprit de la diplomatie est documentée par des exemples historiques et contemporains, et illustrée par des figures de personnalités célèbres ou méconnues.

En s’appuyant sur la tradition de la pensée classique, elle analyse des processus de la pratique diplomatique dont elle identifie le sens et les conditions, et elle constitue une contribution à la philosophie de la diplomatie qui intéressera aussi bien les historiens que les philosophes, en même temps que les praticiens, diplomates et chefs d’entreprises.

Le métier de la diplomatie est une fonction à très haute responsabilité qui consiste à représenter l’Etat dans un pays étranger avec dynamisme, exigence, dignité et abnégation et à contribuer au rayonnement international de son pays.

A mon passage à Moscou le 20 Mai 2019, vers 9 heures du matin, en provenance de Novgorod, et comme mon hôtel n’était pas loin de la place rouge, je me suis permis une petite visite dans Moscou avant de continuer mon voyage le soir même à 20 heures pour Nouakchott. Je me rends à la place rouge qui grouillait de monde en ces temps plus ou moins cléments sur le plan climatique.

Et en voyant des groupes de jeunes d’origines étrangères, je me dirige vers eux dans l’intention de rencontrer, peut être, mes concitoyens mauritaniens.

Arrivé à la hauteur des groupes de jeunes, je commence à m’approcher tout en feignant de ne pas m’intéresser à eux pour éviter des craintes et/ou des méfiances. Une fois rapproché d’eux, je tente un coup de poker en lançant un « bonjour » timide.

L’un d’eux me répond par une phrase russe dont je retiens cette cacophonie « kak diela » qui me sera plus tard expliquée par « Comment ça va ». Certains me regardaient avec méfiance et d’autres prenaient tout simplement congé de moi comme si j’étais un pestiféré ou plutôt pour un espion à la solde du KGB. Je les interpelle en les rassurant que « je suis de passage à Moscou ! Je suis mauritanien, il n’y a pas lieu d’avoir peur. Je veux voir des étudiants ou compatriotes mauritaniens de passage en Russie.

Y en a-t-il parmi vous car je suis mauritanien aussi » C’est en ce moment là qu’un des « fuyards » revient sur ses pas et me dit « je suis mauritanien aussi et étudiant à Novgorod en génie mécanique » Je lui réponds, « ça alors, le hasard fait bien les choses. Je viens de Novgorod pour une conférence et je dois continuer sur Nouakchott ce soir même à 20 heures » Il me dit de l’attendre et qu’il reviendra avec des surprises.

Alors, pour une surprise, c’en était une : il est revenu avec cinq autres étudiants mauritaniens : deux arabo-berbères ou maures comme on le dit ici chez nous en Mauritanie et trois noirs mauritaniens.

Après s’être présentés à tour de rôle, commence une discussion à bâton rompu, entre autres, leur condition de vie d’étudiants, la question des bourses qui tardent souvent à venir, leur relation avec les russes, leur difficulté ou non à s’intégrer dans la société russe etc.

Je leur pose aussi des questions sur leur relation avec les services diplomatiques de notre pays à Moscou. De l’avis général, c’est une relation qui est à priori bonne avec notre représentation diplomatique mais ce qui est frappant, c’est un nom qui revient dans toutes les bouches et unanimement : le diplomate M. Wagué Aliou premier conseiller chargé d’affaires à l’Ambassade.

Selon l’ensemble de mes interlocuteurs étudiants que j’ai rencontrés, M. Wagué s’est distingué par sa gentillesse à leur égard, sa disponibilité à tous égards et son souci permanent du bien être des étudiants et des mauritaniens en Russie. « Je n’ai pas de temps sinon j’aurai aimé rendre visite à M. Wagué demain », leur ai-je rétorqué.

Un grand soupir se fait entendre de l’assistance « il n’est plus ici ! Il est rentré au pays, paraît-il, pour valoir ses droits à la retraite, hélas »A ma question de savoir s’ils ont une photo de Monsieur WAGUE, l’un d’eux fouille dans son porte feuille et me tend une photo d’identité de notre diplomate.

(cf. photo à l’entête de l’article, qui m’a été remise par un des étudiants) En me la donnant, il lance un « wekhyert » comme pour exprimer sa reconnaissance à son égard et me demande de garder la photo car ils voudront que j’écrive un article sur lui une fois rentré à Nouakchott.

De l’avis général des étudiants, la connaissance des dossiers et la facilité de communication de Monsieur WAGUE dans ce grand pays qu’est la Russie, était d’un atout majeur.

Il accompagnait des étudiants primo arrivants en difficultés. M. Wagué Aliou est un polyglotte doué, selon les mêmes interlocuteurs, « il parle couramment Russe pour avoir étudié dans ce pays, l’anglais et le français et son hassaniya est clair et limpide »Ils poursuivent en disant qu’il est d’une approche très facile et doté d’un sens hautement humain.

Un homme qui partage ce qu’il a avec les autres. La diplomatie c’est aussi l’humanitaire contrairement aux idées reçues. C’est un homme affable, attachant et aimant aux abords très agréables ; Une sincérité en relation, une quête permanente de relations humaines franches et sincères.

De l’avis général des étudiants rencontrés à Moscou, il n’y a que des souvenirs sublimes concernant M. Wagué. Rien qu’à évoquer son nom, une grosse lueur apparaît sur les visages de mes interlocuteurs. En un mot, M. Wagué fait l’unanimité.

Voilà des diplomates qu’il ne faut pas mettre à la retraite car on a besoin de leur compétence à tout moment et c’est un appel que je formule ici à l’endroit des autorités mauritaniennes, plus particulièrement à notre Ministère des Affaires Etrangères et la Coopération, de redonner du service à ce diplomate charismatique dont les éloges ne tarissent pas à son égard.

Nos chancelleries dans le monde occidental et partout à travers le monde, ont besoin d’hommes de cette trempe. La diplomatie et le diplomate n’ont pas d’âge. Leur retraite n’est pas une obligation tant qu’ils servent l’intérêt de la Nation.

Les preuves ne finissent pas eu égard aux diplomates ayant dépassé largement l’âge de la retraite et d’autres toujours en poste dans les grandes institutions internationales et que leur âge ne fait pas entrave à leur compétence. On a besoin de diplomates exemplaires comme M. Wagué pour nous honorer en Europe, en Amérique, en Asie, au Moyen Orient, en Afrique…

Pour éviter des conflits et des tensions entre nos représentations diplomatiques et leurs administrés à travers le monde ou les régler sans mettre en cause la cohésion nationale à l’étranger, préserver les bonnes relations entre les citoyens et leurs représentations diplomatiques, il nous faut des diplomates comme M. Wagué pour apaiser les situations de tension et surtout en ces moments difficiles liés aux démarches administratives de nos concitoyens dans nos ambassades. Redonnez lui du service et notre diplomatie en sortira gagnante !

A ces étudiants mauritaniens que j’ai rencontrés à Moscou et qui m’ont supplié de publier un article sur M. Wagué, je leur dis « Chose promise, chose due »

sidahmedouldjaafar@gmail.com 

source : cridem

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