Lettre ouverte de TPMN à M. le Président de la république relative à l'affaire Lamine Mangane

27/09/2019

                                 

                                                                                                                                                           

                                        TPMN - Monsieur Le Président,

Le 27 septembre 2011, à Maghama, la gendarmerie a ouvert le feu sur des manifestants pacifiques de Touche pas à ma nationalité qui ne demandaient rien d’autre que la citoyenneté pleine et entière pour tous les Mauritaniens au delà de leur appartenance raciale, ethnique ou tribale.

Le bilan est particulièrement lourd : Lamine Mangane, adolescent de seize ans est tué sur le coup, tandis que 8 autres enfants sont grièvement blessés et marqués à vie.

Huit ans après cette tragédie, aucune enquête n’a été diligentée pour situer les responsabilités et les coupables courent toujours, s’ils n’ont été promus pour leur forfait.

Une plainte a pourtant bien été introduite par la famille du jeune homme assassiné, mais elle n’a été suivie d’aucun effet, bloquée par une justice aux ordres d’un système étatique fondé sur le racisme et l’esclavagisme.

La tragédie de Maghama est en effet une suite logique du permis de tuer du noir délivré aux représentants les plus zélés du système raciste et esclavagiste à travers la promulgation de la loi d’amnistie protégeant les auteurs des crimes contre la communauté noire pendant les années de braise.

Touche pas à ma nationalité ose espérer que vous respecterez vos engagements et que vous aurez le courage d’affronter les problèmes qui minent l’existence de notre pays. Nous vous rappelons que l’unité nationale ne peut se construire sur le déni de justice et exigeons :

- L’ouverture d’une enquête interne visant à situer les responsabilités de la tragédie de Maghama

- L’indemnisation de l’ensemble des victimes

- La levée des obstructions empêchant le traitement de la plainte introduite par la famille Mangane ;

- L’abrogation de la loi d’amnistie de 1993, cadre légal de toutes les exactions à l’endroit des Noirs de Mauritanie.

En espérant que vous mettrez les intérêts de la Mauritanie au-dessus de toutes les autres considérations, nous vous prions d’agréer l’expression de nos salutations distinguées.

Nouakchott le 27 septembre 2019

Pour le Bureau Exécutif,

Le Président Alassane DIA

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