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Mauritanie : Du perchoir à la répression sauvage de militants de l’IRA


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02/11/2018

Je vais vous raconter le récit d’une histoire hallucinante qui s’est passée à Nouakchott, en Mauritanie, il y’a de cela quelques semaines, où j’étais moi-même, en septembre dernier, acteur et observateur sur le terrain pour avoir constaté les fraudes massives de ces élections trompe-l’œil et pour avoir subi des intimidations, des tracasseries et des menaces interminables. Il est venu s’ajouter à cette rocambolesque histoire, des violations des Droits de L’Homme en Mauritanie ; une histoire qui a attiré l’attention de tous les Mauritaniens épris de justice et d’équité. Je n’en parle que maintenant, parce qu’il m’a fallu le temps de la mijoter, la murir, surtout essayer de la comprendre. Le hic est que cette histoire rocambolesque et abracadabrantesque, vous le jugerez vous-mêmes, citoyens du monde, a été orchestrée par des mauritaniens contre d’autres mauritaniens, c’est-à-dire que le gouvernement, par le truchement de de ses sbires, sa meute de policiers corrompus et indisciplinés(le champ lexical de l’Etat-voyou est fait exprès et ce n’est pas exagéré), s’est acharné sur des manifestants pacifiques venus réclamer des desiderata, un droit me diriez-vous, la libération de leur chef de parti, en l’occurrence Biram Ould Dah injustement emprisonné depuis quelques semaines. La seule réponse à laquelle ils ont eu droit est une bastonnade et des passages à tabac offrant aux spectateurs des images horribles de manifestants baignant dans une mare de sang (formules hyperboliques utilisées à bon escient pour montrer la violence des actes). Les photos et vidéos de ces pauvres manifestants ensanglantés sont devenues virales sur les réseaux sociaux et ont été commentées des centaines de fois par les Mauritaniens du monde entier qui désespèrent de plus en plus de la situation délétère des droits de l’homme qui prévaut depuis quelques années en Mauritanie. Je me sens obligé de vous raconter également le contexte loufoque qui a été l’objet de toute cette violence. Il tourne autour d’un personnage énigmatique qui est au centre de toutes les discussions en ce moment en Mauritanie. Vous me direz Mohamed Ould Abdel Aziz, eh bien non, il s’agit d’un certain Cheikh Ould Baya. Colonel à la retraite, très proche du président et désormais député de la ville minière de Zouérate, d’où il a engrangé une énorme richesse l’un des hommes les plus riches de la Mauritanie, le colonel est pressenti selon des rumeurs concordantes comme l’homme qui bénéficierait le plus de la confiance du président pour le succéder, au cas ou celui-ci respecterait sa parole de ne pas briguer un troisième mandat. Ce qui pourrait confirmer ces rumeurs est que le pouvoir en place, en violant la constitution, a refusé l’ouverture de la session parlementaire du 01 octobre 2018 qu’il a remise au 08 octobre dans le seul but de confier la direction du parlement au colonel Ould Baya qui était en France pour des soins médicaux et revenu au pays, dans l’entre-temps. Ce qui met la puce à l’oreille alerte de l’opposition sur les desseins inavoués du Général Abdel Aziz. Un scénario à la Poutine-Mededev, Abdel-Aziz-Ould Baya, j’allais écire.

Revenons-en à Biram Ould Dah et à son arrestation arbitraire : celui qui n’est plus à présenter et qui est une épine dans le pied du gouvernement a été arrêté à la veille des élections municipales, régionales et législatives que la Mauritanie a récemment connues. Conscient que son arrestation est un complot politico-judiciaire fomenté par le gouvernement qui a profité de la plainte déposée par le journaliste Abdellah Deddah qui accuse le candidat de « menaces, appels au meurtre et violation de domicile », ses partisans dénoncent une justice d’opérette et réclament un jugement équitable pour leur candidat qui n’a eu droit à aucune présomption d’innocence, à aucune comparution immédiate mais plutôt à une détention abusive et inique à cause de rumeurs infondées qui restent à être prouvées. Malgré son incarcération, Biram a réussi, à la surprise générale, à se faire élire député ; ce qui renforce davantage l’idée complotiste de ses partisans. En liberté et en totale possession de ses moyens, son uppercut aurait mis ses adversaires (le pouvoir en place) sur le tapis.

Tous les faits sus-cités, in fine, tirent la sonnette d’alerte d’alarme sur l’avenir de la Mauritanie qui s’assombrit avec l’arrivée d’un ex-colonel au perchoir, en plus du général Mohamed Ould Meguett à la Direction de la sûreté nationale, du général Mohamed Ould Ghazwani à la Défense nationale et tout le verrou sr l’administration territoriale, on peut s’attendre au pire à une radicalisation dangereuse en Mauritanie.

Sidi Mohamed  Diagana , militant des droits de l'Homme

02/11/2018