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PARTICIPER À DES ÉLECTIONS ADMINISTRÉES, C’EST ACCEPTER LA CORRUPTION


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29/05/2018

 

- Ould abdoul Aziz et ses collaborateurs persistent dans leur vieille logique de maintenir la force comme méthode de gestion politique d’un pays au bord de la guerre civile. Lui et ses soutiens ont tort. A regarder de près, on voit encore venir des complots, des astuces pour se débarrasser d’une inquiétude qui planerait sur le pouvoir actuel. 

En effet, à chaque fois que des menaces planaient, le régime, ses stratèges et son réseau de renseignement se résignent dans des actions qui révèlent l’objectif visé, celui d’imposer, une stratégie « gagnante » évacuant de facto les questions qui ont « droit de veto » telles la question de la cohabitation longtemps négligée et éloquemment banalisée par la quasi-totalité des acteurs de l’écosystème politique. Depuis quelques jours ou semaines voire même des mois, on voit l’état qui se déploie dans tous les sens afin de préparer les opinions aux forfaitures. L’état met la forme. 

Il adresse des lettres savantes, çà et là, il invite des personnages a des concertations dont certaines seraient même secrètes mais, au-delà de ces poncifs, le pouvoir envisage sa perpétuation, son maintien et aidé en cela par une opposition qui calcule les urgences, celles qui la placerait dans l’arsenal étatique prochain (Gouvernement, parlement, conseils régionaux et autres « belles perspectives » préparées pour corrompre……). 

Qu’il s’agisse du mandat qu’on chercherait à déverrouiller, ou de la menace que ferait peser une éventuelle coalition des opprimés ou des menaces liées au manque d’argent public qui a toujours servi pour truquer les élections, le pouvoir arrive toujours à inventer quelques stratégies pour s’en sortir afin de Conserver le pouvoir et à pervertir la mission régalienne de l’État. Le manque de volonté politique, de courage de notre Élite nous place dans une situation permanemment dangereuse pour tous les mauritaniens arabes ou noirs, riches ou pauvres, opprimées ou oppresseurs. Il est inadmissible et insupportable de vivre dans une société ou l’élite gouvernante est préoccupée journellement par le tripatouillage, la manipulation de certaines forces sociales dans le seul dessein de légitimer ses forfaitures pensées, murmurées et prêtes à être servies aux populations. 

En remontant l’échelle du temps récent, on s’aperçoit que le pouvoir a toujours adoptée une telle stratégie pour faire passer ses forfaitures et que les populations et l’opposition officielle ont souvent toujours acceptées ces dernières au nom d’une mensongère stabilité sociale. 

Notre inquiétude, à nous, repose sur un présupposé que personne ne peut contester : Notre pays est depuis belle lurette sur une zone de turbulence suite a toutes ces innombrables politiques hasardeuses et désastreuses que son élite majoritairement arabe à imposer via une dictature habillée en démocratie. 

Nous ne reviendrons pas, outre mesure, sur les bêtises commises par les régimes successifs et mais nous attirons la classe politique sur les desseins non avoués du régime qui, par la distribution de postes de députés et de conseillers régionaux via des élections administrées par la présidence et le ministère de l’Intérieur, de bien réfléchir et ne pas se laisser tromper par les prochaines mascarades électorales aux prix de sacrifier et différer la résolution des questions fondamentales qui nous enlisent. C’est en acceptant de se jeter dans des élections administrées et pipées que nous participerons, grandeur nature, a la banalisation des injustices politique, économique, culturel, social qui fondent le fonctionnement de l’état. 

C’est paradoxal et scandaleux que de constater que bon nombre de partis dits de l’opposition, ne sont même pas favorables à faire de la question noire ou de la cohabitation une priorité lui substituant une sorte de course effrénée aux élections et/ou de gouvernement élargi comme fondamentaux à la résolution des contentieux. Il est inadmissible qu’une opposition se cantonne à exiger des élections transparentes là où elle devait exiger les fondamentaux qui garantiraient la paix sociale surtout dans un pays où l’état n’a jamais joué son rôle régalien. 

Il y’a, on ne cessera jamais de le rappeler, une posture à prendre face à une demande sociale forte ; Les Mauritaniens veulent la paix, la justice et un état de droit qui passe par le courage des politiciens à faire des sacrifices durables pour que nous puissions mériter un pays stable. 

Or ce à quoi nous assistons, c’est cette frénésie préélectorale, qui semble être inscrite au génome politique mauritanien et qui a toujours servi le pouvoir en place. Il y’a une espèce de complaisance, de ruée vers les l’assemblée, les mairies et les nouveaux conseils régionaux oubliant terriblement les expériences passées et récentes dans lesquelles l’état a eu main basse sur toutes les élections et au finish, on est retourne à la case de départ avec les même symptômes : élections truquées, police déployée, tortures, questions de fond banalisées, terres expropriées, TV et radios déversant les discours sacrés du raïs, mainmise du parti-état, recyclage du personnel de Taya, Ely, SIDIOCA etc.) 

! Les prochaines élections ainsi que celles qui l’ont précédées nous ramènent déroulent le même schéma typique désolant du point initial, de la fameuse case de départ, du blocage et de l’éternel recommencement. On revient extraordinairement dans ce climat d’un Etat FORT qui réprime, corrompt, violente et dont les supplétifs locaux sont aussi arrogants que celui qui incarne cet état. Alors va-t-on tirer les leçons de nos échecs et humiliations passés ? Ou allons-nous simplement subir et encore subir et toujours subir ? Cet état de fait renversant et cette espèce de compétition entre Hommes politiques de l’opposition explique et justifie en grande partie le maintien du statu quo actuel celui d’un pouvoir qui pour se maintenir manipule, corrompt et impose sa philosophie. Alors pourquoi participer sans conditions ? Que cherchent-ils ces hommes politiques toutes obédiences confondes ? 

A notre sens, l’opposition démocratique réunie ou non au sein du FNDU devrait penser à une alternative autre que celle de la participation aux futures élections truquées et administrées. En effet, dans une élection administrée, les résultats sont pipés d’avance et l’état qui l’organise aura la latitude de distribuer des quotas a une opposition disciplinée, celle qui, en toute conscience à été complaisante participant à légitimer les forfaitures. Subséquemment les problématiques nationales et les questions de fond en prendront un sacre coup………. 

Il nous semble donc plus lucide et cohérent de ne pas jouer le jeu du pouvoir mais d’adopter une stratégie de boycott massif, actif et soutenu mais aussi préparer les mauritaniens et la société pour endurer le boycott massif... 


Source: Adama NGAIDE