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Pauvres Mauritaniens: entre le marteau et l enclume !!


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09/06/2018

Lors de la 95 ème session du CERD(Comité des Nations Unies pour l’élimination dela discrimination raciale) tenue du 30 avril au 02 mai 2018 à l’hôtel Wilson de Genève, l’ONG IRA par l’intermédiaire de son président Biram Ould Abeid a présenté un rapport brulant et circonstancié sur les questions liées aux droits de l’homme en Mauritanie. Un rapport qui tire à boulets rouges sur les autorités de Nouakchott à travers son ministre des droits de l’Homme, Cheikh Tourad Ould Abdel Maleck, le confrontant aux nombreux manquements quant à ces questions et aux récentes affaires qui secouent le pays depuis quelques temps. Entre autres, les prisonniers d’IRA à   Bir mougrein , l’affaire Ould Mkhaytir, partant de la loi sur l’apostasie, de celles sur la nationalité et l’enregistrement des Ong et des partis politiques…

Dans ce rapport plus qu’actuel qui s’appesantit sur l’esclavage et le racisme dont le gouvernement se sert pour distendre de plus en plus le tissu social. Il y est question de prime à bord de racisme systèmique et atavique, comparé à l’Apartheid, où plus gravement la relation incestueuse entre foi et racisme que les autorités font coupler, dans un même espace, au contraire de l’Apartheid, prolonge et perpétue la séculaire supériorité du maître esclavagiste (Bidhane ou Maure Blanc) qui s’est toujours servi d’une interprétation tronquée du texte religieux pour asservir l’esclave, le Noir, le Hartani. Puis est mis l’accent sur l’ambivalence et les contradictions d’un gouvernement schizophrénique qui ne rate aucune occasion de ratifier des lois et traités internationaux pour ensuite les contourner et investir des sommes colossales pour consolider un système qui a toujours fait son bonheur ; marginaliser et ostraciser pour mieux règner. Puis le rapport poursuit, dans un souci de précision avec les cas d’esclavage avérés ces derniers temps, regrettant que ce ne soit que deux cas d’esclavage qui aient abouti à des condamnations, légères de surcroit ( Le procés dit de « Néma », les victimes de Yarg et Said). Alors que, dans le revers de la médaille, des dizaines de militants qui dénonçaient les crimes de l’esclavage, de manière pacifique, ont été arrêté, torturé, condamné et enfermé. Puis le rapport propose des recommandations au gouvernement pour pallier tout cela. Tout d’abord, il stipule que «L’interprétation erronée de l’islam pour justifier l’esclavage est un puissant moyen de maintenir des citoyens dans un état de sujétion » et que Ministère des Affaires religieuses, en collaboration proche avec la société civile mauritanienne doit mener une campagne sérieuse, en associant les médias et toutes les entités concernées afin d’inculquer dans l’inconcient collectif des Maures, Bidhane, le rejet de toute superioirité raciale et la remise en question  également de tous les jurisconsultes dont les textes sont imprégnés de racisme et d’une quelconque superiorité raciale. On se souvient tous de l’autodafé symbolique de certains de ces textes par le président de l’IRA en 2012. Ce qui lui a valu une campagne de dénigrement dans tout le pays instrumentalisé par l’Etat, les partis politiques et les oulémas et  même un emprisonnement. Il recommande enfin que le gouvernement cesse d’empêcher les journalistes qui travaillent sur ces questions d’exercer.  Le 27 mars dernier, Reporters sans Frontière a dénoncé la détention pendant plus de trois jours et l’expulsion de Seif Kousmate, un photojournaliste franco-marocain qui effectuait un reportage sur l’esclavage. Cela démontre, s’il le fallait encore, le tabou et la censure qui entoure cette question. En avril 2017, Tiphaine Gosse, une journaliste indépendante française enquêtant sur l’esclavage avait été expulsée sous peine de se retrouver en prison. Arnaud Froger, responsable du bureau Afrique à RSF, a déclaré : « La Mauritanie ne mettra pas fin à la pratique illégale de l’esclavage en empêchant les journalistes de s’y intéresser. ».

En substance, le rapport met l’accent sur ces questions essentielles et d’autres encore afin qu’une solution viable et pérenne puisse être trouvée à la question mauritanienne. Au sens ou Sartre a utilisé le mot dans la « question juive ».                                                                                                                                                 

                                                                                                                          DIAGANA Sidi Mohamed