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Silence, la Mauritanie dénégrifie son administration !


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06/05/2018

Dans un entretien poignant du député et Président de l’AJDMR, Ibrahima Sarr, paru dans le journal sénégalais « Sud quotidien » dénonçant le racisme d’Etat qui sévissait dans le gouvernement mauritanien qui en faisait un de ses chevaux de bataille et dans lequel entretien le député tirait la sonnette d’alarme que si rien n’était fait « Les négro-africains disparaitront  de l’administration mauritanienne dans cinq à six ans » interpellant le gouvernement mauritanien, notamment les dirigeants politiques, à « changer leur vision pour construire une nouvelle Mauritanie ». Le député à par ailleurs vilipendé « le racisme » de ce gouvernement et l’a accusé d’adopter « « la ségrégation ethnique et qu’il conserve pratiquement toutes les anciennes institutions féodales dans le pays ». Ce qui lui a valu la sortie virulente des autorités de Nouakchott, en la personne du Ministre de la Culture et porte-parole du gouvernement Mohamed Lemine Ould Cheikh qui parlent de « propos extrémistes » ajoutant « qu’ils proviennent d’une personne connue pour son extrémisme », se défendant avec l’énergie et la virulence du désespoir.

En réponse à cette ambiance délétère teintée de négrophobie et à la représentativité des Noirs dans l’administration, l’anthropologue mauritanien et professeur émérite de l’université de Lorraine en France, sur Rfi, le 24 mars dernier, déplorait que « c’est mouvement qui s’est amorcé déjà depuis les années 80 avec l’autorité qui était au pouvoir entre 84 et 2005. On a observé en ce moment-là une descente assez forte de la présence des communautés noires dans les plus hautes sphères de l’appareil administratif (…) d’une proportion à peu près de l’ordre de 15 à 25 % des cadres noirs dans l’appareil administratif de haut niveau à quelque chose qui est en train de devenir quasi nul, d’après les dernières indications que j’ai eues sur les nominations ». Mettant tout cela également dans l’arabisation pénalisant des populations noires, l’anthropologue renchérit également que « l’expatriation de beaucoup de cadre noirs mauritaniens de très haut niveau témoigne aussi de la rétraction du marché du recrutement dans l’administration et un travail d’exclusion qui s’est amorcé de façon très forte à partir de 1989 et l’affrontement plus ou moins encadré par les autorités de l’époque contre cette communauté ».

Dans le même temps, un rapport accablant de 68 pages d’Amnesty International, sous la lumière d’un autre rapport aussi incriminant de Human Right Watch paru en février 2018, déclarait que « L'esclavage a officiellement été aboli en 1981 en Mauritanie, mais jusqu'à 43.000 personnes y étaient encore réduites en esclavage en 2016, soit environ 1% de la population totale, selon le rapport de 68 pages, citant des estimations d'organisations antiesclavagistes internationales ». Tout cela pour sonner le tocsin de toutes ces dérives racistes et négrophobes qui risqueraient un jour de faire déborder le vase qui est quasiment à ras-bord.

 

 Diagana Sidi Mohamed