"DENDI" : Feu Tidiane DIAGANA | Ce témoignage, par Devoir et par Amitié

05/08/2020

image

                               

                                                                                                                                                   

                                        Dia Elhadj Abderrahmane - Une jeunesse engagée, déjà évocatrice d'un futur brillant

C'était en 1958. DIAGANA Tidiane, un grand jeune-homme de belle allure, la taille largement au-dessus de la moyenne, qui ne passait pas inaperçu là où il apparaissait, forçant du coup l'admiration des jeunes du milieu, arrive à Boghé, venant de Tidjikja où il faisait « ses premières classes » dans les services des Travaux Publics de l'époque.

Il réunissait en lui des qualités que tout jeune homme de cet âge souhaiterait avoir : la bonne humeur, une jovialité à tout vent, une vivacité d'esprit peu commune, tout de suite adulé par ceux qui le côtoient, et s'exprimant avec des gestes maîtrisés, comme ceux d'un Maestro de musique à la tête de son orchestre, où chacun des membres, en harmonie et en complicité avec son instrument, dont il savourait presque religieusement les notes mélodieuses qu'il en faisait sortir : gestes qui mettaient d'avantage en relief son allure de leader qu'il était déjà, mais surtout une position de leader qu'il garda encore aux yeux de tous, sa vie durant.

Tidiane n'avait pas encore vingt ans. Très porté vers les jeunes, il créa tout de suite les mouvements de jeunes scout, en les familiarisant déjà à des occupations utiles, et surtout pour leur inculquer un comportement à la fois civique et citoyen, tout en les distrayant, en leur faisant également découvrir la nature qu'il aimait bien, organisant par-ci et par-là des investissements humains, surtout sur les endroits représentant les symboles de l'État.

M'ayant tout de suite adopté, il m'intégra à la patrouille des Aigles, sans manquer de recommander au chef de patrouille ceci : «je te confie ce garçon -mon petit « Dendi »» – qui, comme je le pressens déjà, aura toujours un comportement d'Aigle dans sa vie et « volera » toujours haut dans sa vie. Malgré mon âge à l'époque, ces mots évocateurs, venant de cette personne déjà si avertie, je n'ai jamais cessé de me maintenir éveillé dans le déroulement de ma carrière.

Aussi, au regard de cette page d'une jeunesse engagée, nous ne serons guère surpris de ce que la vie d’adulte de Tidiane soit consacrée au service de l'Etat. Malgré son jeune âge à l'époque, il eut le grand privilège d'être parmi ces personnes qui, par défaut de toutes infrastructures bâties, assistèrent à l'implantation de cette grande tente, appartenant désormais à l'histoire de la Mauritanie, et sous laquelle le Premier Ministre français de l'époque – Michel Debré - devait procéder à la proclamation de l'indépendance de la Mauritanie.

C'est de cet instant insolite que naît en lui l'idée de s'investir dans le Bâtiment : investissement devenu tout à la fois engagement, volontarisme mais aussi Amour.

Vers la naissance d'une vocation : l'Architecture 

Dès le dégrossissement fait sur le sol national, et vu son ambition de faire donner à la Mauritanie, particulièrement à sa capitale naissante, des infrastructures aussi bien modernes qu'adaptés à son milieu certes austère, mais agréable à vivre, dès lors qu'on a une attache quelconque à ce pays, Tidiane DIAGANA prit la résolution d'entreprendre des études techniques d'abord, et spécialisés ensuite hors de la Mauritanie, où cette formation était irréalisable ! Études supposées certes devoir être longues et loin de tout repos. Un véritable défi ! En outre, ce défi était d’autant plus grand que ces études et cette formation devaient s’effectuer en langue allemande - c'était là son choix - ! Langue dont Tidiane ne connaissait mot.

Choix dicté par sa connaissance du sérieux ainsi que de la rigueur de la population de ce pays. Mais Tidiane DIAGANA aimait les défis. Et il s'y employa en s'oubliant dans les études, et n’ayant d'autres préoccupations que ce qui entrait dans le cadre de cette formation.

Le chemin fut long, et par moments difficiles, occasionnant à la fois stress et soucis. Mais ne pas oublier que c'était là le prix à payer d'une personne qui n'avait plus dans la tête qu'une seule préoccupation et une seule ambition : RÉUSSIR. Réussir quoi que ça coûte. Avec la certitude que la récompense sera forcément au bout de l'effort.

Aussi, une fois le diplôme d'Ingénieur Architecte obtenu avec brio, Tidiane ne se fut pas prier. Malgré les tentations et les offres qui lui ont été faites pour servir sur place, dans des conditions idéales, et lui-même bien rémunéré, il fit rapidement ses valises pour faire le chemin retour vers ce pays dont il connaissait parfaitement les conditions et auquel son attachement était sans limite. Pays avec lequel il semblait avoir signé un PACTE pour la vie.

Aussi, outre la maîtrise du domaine d'architecture pour lequel il s'est spécialisé, s'il vous arrivait de surprendre Tidiane DIAGANA entrain d’échanger avec ses interlocuteurs d’Outre-Rhin dans cette langue, vous croirez avoir en face de vous un touriste Berlinois fraîchement débarqué en Mauritanie !!!

DIAGANA se mit aussitôt au travail et ne tarda pas à se faire distinguer aussi bien dans son entourage, que dans celui de ceux qui étaient en charge du devenir de la Mauritanie. Et s'il vous arrivait de le croiser, en voiture, à pieds ou autres lieux de rencontres et que vous manifestiez un besoin quelconque, Tidiane se mettait immédiatement à votre service.

Un Homme bienveillant, généreux, ouvert « aux Mondes »

C... à suivre

image

les condoléances attristées de l'OCVIDH à son vice Président

30/07/2020
L'organisation contre les violations des Droits Humains en Mauritanie (OCVIDH) vient d'apprendre dans des conditions atroces et inhumaines l'assassinat du fils de notre vice président Ndjim Boubou... à suivre
image

L’Afrique est-elle prête pour un monde nouveau ?

20/07/2020